Espace indépendant, Rue Antoine est une galerie ouverte à la rue. Elle invite au dialogue avec des artistes reconnus ou non, déclarés ou non, contemporains ou non, au fil de collaborations évolutives : installations, performances, production et édition d’œuvres hybrides et originales.
INVITATION TO LOVE : Cycle d’expositions et d’événements autour de David Lynch
Juin 2026 - Juin 2027
Pour les uns, ce fut un court extrait de The Elephant Man, Eraserhead à une séance de minuit ou une chanson de Julee Cruise ; pour d’autres, la révélation Mulholland Drive, la photographie d’une usine désaffectée, ou encore une déclaration publique sur la méditation ; pour beaucoup d’entre nous, l’inoubliable fiction de Twin Peaks, déployée sur plusieurs décennies. Quel qu’ait été notre point d’entrée dans l’œuvre de David Lynch, nous avons bien senti que, par elle, nous pénétrions dans un monde tout entier, qui, irrémédiablement, changerait le nôtre. Un monde fait d’idées – pour reprendre un propos souvent répété par l’artiste qui, lorsqu’on lui demandait d’où venait son inspiration, répondait en disant qu’il fallait savoir recevoir une idea, à laquelle il rendait son étymologique pouvoir de vision. Un monde tissé de formes, vraies et singulières. Un monde habité par le rêve d’une vie pour l’art (The Art Life).
Pour célébrer le premier anniversaire de la mort de David Lynch, précipitée par le gigantesque embrasement de Los Angeles au début de 2025, la galerie Rue Antoine accueille ASAP et recrée pendant un an l’espace alternatif de la Red Room, que connaissent bien les fans de Twin Peaks. Dans ce lieu, jour et nuit ouvert sur la rue, nous accueillerons tour à tour concerts, expositions, conférences, projections et performances. Il ne s’agira pas d’un hommage à la mémoire, ni d’une série de pastiches, mais d’une démonstration collective sur l’importance unique de David Lynch pour les arts, la pensée, la vie.
Programme juin 2026
- le jeudi 11 juin à 20h, “Twin Peaks: See you in 25 years”: une discussion entre Stéphane Delorme et Laurent Dubreuil.
- le jeudi 18 juin à 20h, “(w)hole”: vernissage de l’exposition de Jack Clauss (photographies, film, objets) avec un échange entre l’artiste et Laurent Dubreuil. L’exposition sera visible jusqu’à la fin du mois.
Les deux rencontres auront lieu 10 rue Antoine à Paris.
THE OWLS ARE NOT WHAT THEY SEEM
19.09 - 17.10.2026
« Les hiboux ne sont pas ce qu’ils semblent. »
Twin Peaks, saison 2, épisode 1 — May the Giant Be with You
Vernissage le samedi 19 septembre 2026 à prtir de 15h
Artistes : Corine Borgnet · Damien Cadio · Larry Clark · Salvador Dalí · Jessy Deshais · Richard Hamilton · La Dame à la valise · Emmanuel Lefrant · David Lynch · Mathilde Marc · Judith Prigent · Man Ray · Raphaëlle Ricol · Mathieu Weiler
Les images ne coïncident jamais tout à fait avec elles-mêmes. Derrière un reflet apparaît un autre espace, derrière un portrait un autre visage, derrière une copie un original devenu incertain. Elles glissent, se dédoublent, se métamorphosent.
C’est dans cet écart que naît le double.
Le mythe de Sosie raconte déjà l’histoire d’un homme confronté à sa propre image. Dans les traditions germaniques, le Doppelgänger désigne celui qui marche à côté de nous : notre autre, notre apparition, parfois le présage de notre disparition. Avec Dostoïevski, ce dédoublement se manifeste par une crise de l’individu. Chez David Lynch, le double cesse d’être un simple personnage pour devenir une propriété de l’image elle-même. Les corps changent d’apparence, les identités circulent d’un visage à l’autre et plusieurs réalités semblent coexister.
Mais le double ne traverse pas seulement le cinéma. Il accompagne toute l’histoire des arts plastiques. Le miroir, l’ombre, le reflet, la copie ou la répétition mettent en jeu l’instabilité de toute représentation. Au XXe siècle, avec Rrose Sélavy, Marcel Duchamp invente son propre double tandis qu’Andy Warhol répète les images jusqu’à les rendre instables.
Cette exposition ne cherche pas à illustrer le Doppelgänger. À la croisée de la littérature, de la philosophie, de la musique, du cinéma et des arts plastiques, The Owls Are Not What They Seem réunit des œuvres où l’image se trouble, se dédouble ou devient étrangère à elle-même.
Comme dans l’univers de David Lynch, rien n’est jamais tout à fait ce qu’il paraît. Les hiboux ne sont pas ce qu’ils semblent.
Les images non plus.
programme septembre 2026 :
• le samedi 19 septembre 2026 : vernissage à partir de 15h
• le vendredi 25 septembre 2026 soirée double/sosie “Bring your own double”
LIVING-ROOMS de Laurent Abitbol
3.06 - 7.09.2025
Vernissage : mardi 3.06.2025 à partir de 18h
Je filme des gens. Je construis des boîtes. J’y range des vies. Je fabrique des vies en boîtes. Je fabrique des dioramas dans lesquels sont projetés des personnages en hologrammes. Je crée des installations vidéo qui prennent la forme de panoptiques. Je revisite la fantasmagorie en la réinscrivant dans l’intime et le quotidien. Je construis des récits qui parlent des vies parallèles et de l’incommunicabilité entre les êtres. J’explore l’identité en confrontant l’identique et l’unique. Je place face à face le voyeur et l'exhibitionniste. Je mets en scène la solitude, l’isolement, l’enfermement, mais aussi des orgies. Je chorégraphie le banal, l’anodin, le trivial, et parfois l’obscène. Je regarde les personnes s’agiter, affirmer leur singularité, essayer d’exister. Étrangement, à travers tout ça, je recherche une forme de joie. Prolongation du cinéma sur un autre support, théâtre miniature, sculptures dansantes. Je cherche à expliquer mon travail et je ne trouve pas toujours les mots. Je crois que les gens comprennent mieux en le voyant.
Laurent Abitbol
HISTOIRES D’ANALPHABETES de Georgik
24.04 - 22.05.2025
Vernissage : jeudi 24.04.2025 à partir de 18h
« Histoires d’analphabêtes », seconde exposition personnelle de Georgik à la galerie Rue Antoine, ne raconte pas seulement les péripéties de deux petits personnages. Elle chante les joies et les peines de la création, ses tourments et ses enchantements, ses pleins et ses trous.
Né en Suisse à la Chaux-de-fond dans les parages du bâtisseur Le Corbusier, Georgik aborde très tôt le dessin comme un enfant qui aurait peur de s’y brûler. Alors il ruse : détournant l’usage d’une machine à écrire, il trace des lignes, des obliques – deux coups en arrière donnent un bras, deux traits un corps ou une échelle de H, bref, comme le dit lui-même l’artiste, « de quoi se tromper mille fois » – jusqu’à créer une histoire sans mots.
L’écriture ainsi déjouée par le trait, Georgik poursuit sa quête du dessin sans crayon et de la peinture sans pinceau. Vieilles machines, traceurs, papier carbone, pierre lithographique, fer à repasser, tampons, ordinateur, etc. deviennent les intercesseurs invisibles d’un cirque ambulant.
Plus récemment, la série des Invisibles, des vêtements de poupées recouvrant un corps chimérique, se décline et se superpose en plusieurs phases et supports : encres, peintures, lithographies et réalité augmentée. Coiffé d’un casque, le visiteur pénètre dans le cerveau et les appartements de l’artiste absenté, et, à l’aide d’une manette-épuisette, attrape ici une culotte, là une brassière, qu’il essaie à sa guise.
Autre casque, celui de l’archéologue : après avoir brisé en morceaux des céramiques chinées aux puces, Georgik a patiemment reconstitué les bibelots, en les ornant de jours.
Enfin, un autre jeu est proposé au visiteur : pour la menue somme de 40 euros, le visiteur pourra tirer au sort un dessin issu d’un bloc-notes de 250 pages de la Biscuiterie franco-suisse, déployé tel un écran sur le grand mur.
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GEORGIK, Stories of the illiterate
by Fiona Fortunato
LE DERNIER CLOU une installation de Jean-Jacques Lebel
1.12.2024 - 30.01.2025
Vernissage : dimanche 1er décembre à 18h avec une intervention de Joëlle Léandre à la contrebasse.
En marge de l’exposition Chaosmose proposant un dialogue entre le fonds de dotation Jean-Jacques Lebel et la collection du Centre Pompidou, la galerie Rue Antoine présente une installation de Jean-Jacques Lebel autour de la trace du « dernier clou ».
Fruit d’une collecte d’outils dont la valeur d’usage a fini par se diffracter en ombres projetées, cette installation peut être vue comme une pensée en action, comme un arrêt sur image prélevé dans le flux d’une « promenade profonde » dans les marchés aux puces, ou encore comme une énigme que le regardeur cherchera à déchiffrer.
Actif sur la scène et dans les coulisses des avant-garde artistiques, JJ Lebel est une personnalité hors normes et aux multiples facettes. Peintre, dessinateur, producteur de happenings, mais aussi écrivain, traducteur, ce grand passeur d’images et d’idées a infatigablement œuvré aux dialogues entre formes et artistes.
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PASSEUR de Apo Baroudjian
12.10.2024 - 8.11.2024
La galerie Rue Antoine est heureuse d’accueillir la seconde exposition personnelle d’Apo Baroudjian, Passeur.
Celle-ci s’inscrit dans le prolongement de Barricades mystérieuses, sa première exposition, où sur des pages de carnet, des tableaux, des empreintes de croix et des sculptures se côtoyaient des figures et des architectures inspirées de la mystique et des traditions populaires arméniennes.
Depuis, l’œuvre a creusé ce répertoire tout en se frayant de nouveaux chemins, vers le livre, vers l’animation du dessin, ou encore la fresque urbaine.
L'exposition se déroulera dans deux espaces : à la galerie rue Antoine et à la Chambre d'embarquement.
Concert : Daïlo le jeudi 7 novembre à 20h
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ICILÀ de Frédéric Khodja
07.9.2024 - 05.10.2024
Tout est parti d’une archive de 1967 : un ensemble de diapositives sur la construction du périphérique parisien qui est aussi bien celui d’une destruction : celle de la Zone, bande de terre a priori inconstructible située en avant de l’enceinte de Thiers qui deviendra au XXe siècle un bidonville à ciel ouvert. A cette archive, s’en sont ajoutées d’autres : sites antiques d’Irak aujourd’hui pour la plupart détruits, photos de vacances d’une famille française dans les années 1970, couple de randonneurs à ski. De cette matière composite, Frédéric Khodja en a tiré Icilà, une installation qui poursuit l’exploration de ses fictions géographiques en mettant en présence deux formes d’expression aux relations aussi houleuses que fécondes : d’un côté la peinture, de l’autre la photographie, ici des encres sur toile intitulées « paysages périphériques », là une succession de quatre-vingts « diaphanes », chacun créé par la juxtaposition de deux diapositives trouvées. Ces collusions esthétiques, temporelles et géographiques ouvrent de nouvelles zones : un espace de contemplation pour les tableaux, jouant sur la capacité et le temps de l’œil à s’habituer à une vision toujours changeante, comme lorsqu’on cherche à voir à travers une vitre battue par le vent ou les essuie-glaces, oscillant entre composition et recomposition ; un espace de projection, inspiré des soirées diapo, où se brouillent les repères pour laisser affleurer des nappes de mémoire qui débordent le simple souvenir. |
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